Kick-Ass, ça va vous botter !

Publié le par Melle Bulle

 

La naissance du film...

 

KA2En 1998, Nicolas Cage était sur le point d'in­car­ner Su­per­man dans une ver­sion réa­li­sée par Tim Burton ; le pro­jet tomba à l'eau, et l'ac­teur se conso­la quelques an­nées plus tard en vi­si­tant le genre su­per-​hé­roïque avec le très mau­vais Ghost Rider. De­puis son Layer Cake en 2004, le réa­li­sa­teur Mat­thew Vaughn a failli réa­li­ser Thor, X-men 3 et (lui aussi) un Su­per­man ; en fait de quoi, il n'a tour­né que la fa­dasse fan­tai­sie Stardust en 2007. Quant à Mark Mil­lar, au­teur de comic books par­ti­cu­liè­re­ment coté, il s'échine à mon­ter sa propre ver­sion ciné de Su­per­man (dé­ci­dé­ment) et a vu son Wanted com­plè­te­ment dé­na­tu­ré par Hol­ly­wood. De cette triple frus­tra­tion (et d'une conjonc­tion d'autres pa­ra­mètres qu'il se­rait trop long de dé­tailler) naît Kick-​ Ass : d'abord sous forme d'une BD des­si­née par John Ro­mi­ta Jr. et pu­bliée par Icon (fi­liale de Mar­vel) à par­tir de fé­vrier 2008, puis très ra­pi­de­ment sous la forme plus mé­dia­ti­sée d'un film qui nous ar­rive au­jourd'hui "Who am I ? I'm not Spi­der-​man."dans le pif. Pro­duit de ma­nière in­dé­pen­dante par la so­cié­té bri­tan­nique Marv Films (héhé) de Vaughn, Kick-​Ass ne s'em­bar­rasse pas des dik­tats de stu­dios amé­ri­cains, et se contre­fout de ne pas être ca­li­bré pour un pu­blic fa­mi­lial...


 

L'Histoire

 

Dave Li­zews­ki (Aaron John­son) a 18 ans et une vie nor­male. Fan de co­mics, il dé­KA4cide un jour d'en­dos­ser une tenue mou­lante et d'aller faire ré­gner l'ordre dans la rue. Il réa­lise bien vite que l'habit ne fait pas le moine, et que son nom de su­per-​hé­ros (Kick-​Ass, lit­té­ra­le­ment "botte-​cul") a une fâ­cheuse ten­dance à se re­tour­ner contre lui... Pen­dant ce temps, Big Daddy (Ni­co­las Cage) et sa fille de 11 ans Hit-​Girl (Chloe Mo­retz) forment un duo à la Bat­man & Robin, lancé aux trousses du caïd Frank d'Amido (Mark Strong, qui aligne conscien­cieu­se­ment les rôles de mé­chant : Sherlock Holmes l'an der­nier, Green Lan­tern l'an pro­chain)...


 

 

Le genre "Super-Héroïque"

 

KA3Le genre "su­per-​hé­roïque", qui consti­tue le nerf des comic books amé­ri­cains de­puis plus de 70 ans, s'est pro­gres­si­ve­ment fait une place de choix sur les écrans, avec une pro­duc­tion ac­tuelle qui compte chaque année une de­mi-​dou­zaine de grosses sor­ties sur le sujet. Il était in­évi­table de pas­ser par le stade de la pa­ro­die (Mystery Men, Super-héros movie), puis par celui de la dis­tan­cia­tion : in­tro­duire l'élé­ment sur­na­tu­rel dans un drame cen­tré sur un in­di­vi­du (In­cas­sable), pous­ser le prin­cipe du su­per-​hé­ros dans ses der­niers re­tran­che­ments (Watchmen), en faire une épave al­coo­lique et bla­sée (Hancock)... et ima­gi­ner ce qui se pas­se­rait si un simple schnock dé­ci­dait de de­ve­nir jus­ti­cier du jour au len­de­main. Une idée qui est dé­ci­dé­ment dans l'air du temps, puisque Kick-​Ass a été tour­né en même temps que De­fen­dor avec Woody Harrelson, sur un sujet sen­si­ble­ment si­mi­laire (sor­tie le mois pro­chain, di­rec­te­ment en DVD mal­heu­reu­se­ment).

 

Pastiche et violence

 

Dans le film de Mat­thew Vaughn, la ba­lance entre réa­lisme et dé­lire, entre vio­lence KA6et exal­ta­tion, per­met de vivre l'em­pa­thie au point de par­ta­ger la dou­leur et la jouis­sance, l'épou­vante et la sa­tis­fac­tion. Après un pro­logue pas­ti­chant di­rec­te­ment le Spider-man de 2002, émaillé de clins d'œil aux autres clas­siques du genre (la mu­sique est un med­ley des grands thèmes clas­siques, à peine dé­gui­sés), Kick-​Ass se construit sa propre iden­ti­té, sans ou­blier de citer conti­nuel­le­ment d'autres films (guet­tez les ré­fé­rences, cer­taines sont assez poin­tues). Le héros est un geek, le film est conçu pour tou­cher ses congé­nères (mais nul doute que les autres se sen­ti­ront hap­pés eux aussi). La vio­lence dé­ployée à l'écran, si elle a sus­ci­té sa dose de contro­verse (avant même la sor­tie, comme sou­vent), s'avère aussi ins­tinc­tive et char­gée de sens que celle d'un Fight Club ou d'un Bronson : le héros ne se sou­cie pas de se faire dé­fon­cer la gueule, pour­vu qu'il par­vienne à re­fu­ser la pas­si­vi­té. A ce titre, l'his­toire est moins une in­ci­ta­tion à l'au­to-​dé­fense (hon­nê­te­ment, l'exemple de Dave ne donne pas envie) qu'une ex­hor­ta­tion à se mettre en dan­ger (au sens fi­gu­ré), à aller au bout de ses en­vies.

 

KA5Mais rien n'oblige à s'ar­rê­ter à cette simple lec­ture, d'au­tant que le per­son­nage de Hit Girl, en­traî­née par son père à de­ve­nir une ma­chine à tuer, fait sin­gu­liè­re­ment froid dans le dos. Leur tan­dem évoque di­rec­te­ment celui que forme Bat­man avec sa Robin fé­mi­nine dans le fa­meux Dark Knight Returns de Frank Miller, dont l'es­prit n'a sans doute ja­mais été aussi bien re­trans­crit à l'écran : si ces per­son­nages exis­taient, ils se­raient pro­ba­ble­ment... de vé­ri­tables bou­chers ! Ce­rise sur le gâ­teau : Ni­co­las Cage est ex­cellent, al­ter­nant les scènes de gra­vi­té avec d'im­payables imi­ta­tions d'Adam West. Bien que son rôle reste se­con­daire, il donne le ton de l'en­semble du film : tour à tour drôle, dy­na­mique (les scènes d'ac­tion en­voient de la grosse ter­rine), émou­vant, dé­con­cer­tant... Une grande réus­site, un spec­tacle vis­cé­ral et un for­mi­dable exu­toire. Déjà culte.

 

Focus: Hit-Girl / Chloe Moretz

 

Chloe Moretz est impeccable et surprenante en Hit-Girl, cette gamine de 11 ans qui ka1met parfois mal à l'aise tant elle est plongée dans l'ultra-violence, et dont la relation avec son père est très bien rendue. Et franchement voir Hit-Girl, une petite super-héroïne de 11 ans à la perruque violette tuer de sang froid une vingtaine de types armés sur de la musique rock …. C’est juste bluffant !


Alors oui, mention spéciale à Hit-Girl !


Publié dans Culture & cie

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héloise 11/10/2010 19:46



coucou! j'ai crocheter pour toi en violet et noir je vais faire une note ce soir sur le blog des "soeurs de chaudrons" si tu aimes c'est pour toi mais pour éviter qu'une copine qui aime le violet
click avant toi je te préviens avant elle de ma note ce soir...reste branchée! Par contre pour la petite fille de 2 ans et demi peux tu m'en dire plus que je suis pas à côté de la plaque! du
flashy ou pas je sais juste que tu ne veux pas de rose...biz à bientot



Melle Bulle 17/10/2010 10:00



Tu as fait comme il fallait! C'est très bien !



ecnerolf au pays de merveilles 02/07/2010 10:30



ro j'ai honte je prend pas le temps de faire des coucous à tout le monde en ce moment !!! c'est la courrssssssssssssssse !! bizzzzz



Melle Bulle 04/07/2010 19:14



Oh ! beh c'est pas grave ! Tu passes ici quand tu veux... et puis je pars en vacances demain, donc il n'y aura pas grand chose à lire par ici ! Gros bisous !



rubrique en vrac 27/06/2010 22:01



pour stardust je te conseil le livre Neil Gaiman plutot.....



Melle Bulle 04/07/2010 19:15



Ok ! Merci pour le conseil !