Kabul Dreams / Musique

Publié le par Melle Bulle

 

kabuldreams1En pleine polémique sur le voile (polémique à laquelle je ne participerai pas ici aujourd'hui...), je souhaitais juste vous parler d'un groupe afghan un peu particulier : KABUL DREAMS.


Il s'agit du premier groupe 100% afghan à jouer la "musique du Diable" sur scène et à faire rêver une jeunesse avide de modernité.


Jeans slims, fines bretelles et coupes de cheveux playmobils: ces rockeurs qui déchirent le voile semblent tout droit sortis d'un club anglais. Il ne faut pas s'y fier ! Leur dernier concert s'est déroulé à l'université américaine de Kaboul, devant 500 spectateurs peu familiers de ce genre de show. Sulyman QARDASH, Siddique AHMED et Mujtaba HABIBI sont en train de redonner vie à la scène afghane avec KABUL DREAMS, leur groupe de rock.


 

Dans un pays en proie à une guerre complexe, la naissance d'un tel trio offre une Kabul Dreams5bouffée d'oxygène aux jeunes qui ont, en partie, grandi sous la dictature des talibans, avant de se retrouver au coeur du conflit qui oppose toujours l'Otan aux islamistes. Politique ? Il n'en est pas question dans leurs chansons. D'où, peut-être, la relative tranquilité dont ils bénéficient pour l'instant. Quelques concerts ont été annulés par crainte d'une attaque des talibans, mais le groupe parvient à jouer régulièrement dans des salles improvisées, faute d'industrie musicale organisée.


Kabul-Dreams2KABUL DREAMS, au nom et aux textes anglais, revendique un héritage brit pop inspiré de RADIOHEAD et OASIS. "Comme nous, il y a beaucoup de jeunes afghans qui vivent une vie normale, aiment la musique occidentale et en ont ras-le-bol de la guerre", confiait récemment le bassiste, interviewé par une télé lors d'un festival en Inde. Les 3 artistes, âgés de 19 à 27 ans, sont issus d'ethnies différentes (pachtoune, ouzbeke et tadjike) et ont en commun d'avoir grandi hors des frontières de l'Afghanistan après l'exil de leurs parents. Cette expatriation leur a donné le goût de la liberté, qu'ils comptent bien importer depuis leur retour au pays, en faisant connaître petit à petit leur musique.


 

ils espèrent bientôt enregistrer leur album en Ouzbékistan et commencer à diffuserKabul-Dreams3 leurs chansons sur des radios locales de Kaboul.


Toute ressemblance avec les héros du film iranien Les Chats Persans est purement fortuite. Impossible, pourtant, de ne pas comparer les membres de KABUL DREAMS aux jeunes Perses qui organisaient un concert clandestin pour échapper à l'oppression du régime. Dans les sociétés repliées sur elles-mêmes, la musique de ces deux groupes ouvre une petite brèche vers le monde extérieur.


Et si le changement arrivait par le rock ?


A lire ici aussi !

Publié dans Culture & cie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article