Journal d'hirondelle, Amélie Nothomb

Publié le par Melle Bulle

 


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"On sait seulement ceci, avec d'autant plus d'actualité
que c'est le seul bagage:
on est vivant"


En ce moment, j'ai faim de lire. Je suis malheureuse, alors je lis. Je dévore. Je m'évade. (je fuis ?)

De plus, quand je voyage, je lis. Et là, je reviens de Nantes, en train: 4h de TGV= 4 Amélie Nothomb... ce sera deux fois "Journal d'Hirondelle" et deux fois "Biographie de la faim", eh oui, quand on aime, on ne compte pas!

je lis tout d’abord dans le train, donc, (car pour que le temps passe vite c’est quand même plus efficace que TGV magazine), mais aussi une fois rendue à destination. Lire en territoire étranger et en vacances en plus, ça donne une couleur particulière à un livre. On le savoure différemment, comme si le plaisir de la lecture était décuplé parce qu’on est ailleurs. Je ne comprends pas trop la philosophie derrière cette théorie, mais tout ça pour dire que j’ai profité de mon séjour chez ma soeur pour dévorer Amélie Nothomb, encore et encore...


Sans aucune hésitation, j'ai préféré "Journal d'hirondelle", pour la simple et bonne raison que je préféré l'écrivain belge dans la fiction que l'épanchement biographique... ce n'est qu'une histoire de goût... Et certains me diront que tout livre porte en soi une part de biographie... Je n'ai pas d'arguments, c'est comme ça.

Rentrée littéraire 2006. Septembre. Erudite, Amélie rend sa copie ! Et quelle copie : drôle et insolente, froide et percutante, tendre et piquante. Burlesque parfois. Sous fond d’histoire de tueurs à gage - mais aussi d’amour, Amélie livre pour son quinzième roman un ‘Journal d’hirondelle’ aussi cruel que loufoque. Inattendu, après ses précédents romans, qui accusaient l’élève si ce n’est de se reposer sur ses lauriers, d’user sans trop d’efforts de ses facilités. Sur ses pages, on retrouve une Amélie Nothomb raffinée et troublante qui porte, cette fois, un regard vif et inquiet sur notre société.

Un homme qui ne trouve plus rien d'exaltant à la vie, excepté la musique de Radiohead, se trouve une nouvelle activité à laquelle il va prendre goût : le meurtre ! En effet, il devient un tueur à gages n'éprouvant aucun remord à effectuer toutes ses missions, jusqu'au jour où il va commettre une erreur qui va lui coûter cher : penser que le journal d'une jeune victime ne représente rien...Un homme ordinaire, une vie ordinaire qui a perdu toute sa saveur et sa sensorialité. Une existence qui, au hasard d'une musique et d'un billard, va devenir quelque chose « d'extraordinaire ».

Le héros n'a pas de nom. Ou plutôt pas d'identité fixe. Il change de nom et de vie comme on change de chemise... Mais on ne change pas de vie si facilement. Le passé n'a jamais dit son dernier mot. Surtout lorsqu'il a le visage d'une adolescente fraîchement assassinée et dont le seul testament est un étrange journal intime. Comment ressusciter les sensations après s'être coupé des sentiments ?



Et nous voilà, heureux lecteur, plongé dans le récit drôle et concis d'une Amélie Nothomb au mieux de sa forme.

Amoureux de Nothomb et ou novices qui souhaitent la découvrir, "Journal d'hirondelle"  est fait pour vous. J'ai beaucoup aimé et j'ai lu ce livre en un peu plus d'une heure. Je vous conseille d'écouter les titres de Radiohead auxquels fait référence l'auteur, cela donnera encore plus de densité à votre lecture. Pour ma part, je l'ai relu après avoir écouté Radiohead et je n'ai pas regretté.
Le déroulement des faits et l'absence de remords du personnage ainsi que la fin du livre nous rappellent vraiment les classiques de Nothomb et notamment « Cosmétique de l'ennemi », un de mes préférés ! Les dernières pages chambouleront le reste de votre lecture...

"C'est une histoire d'amour dont les épisodes
ont été mélangées par un fou"


Ce récit se déroule à notre époque à Paris et ses environs. Le héros est amené à se déplacer, mais les lieux ont peu d'importance dans ce roman si ce n'est les lieux que le personnage est amené à occuper pour une raison ou une autre. L'action se passe dans notre société actuelle dans un pays occidental avec une ambiance qui rappelle les polars noirs d'Agatha Christie, avec un suspense moins haletant, mais une surprise bien plus grande à la fin.


Un roman contemporain qui se caractérise pour sa courte durée. On retrouve le style épuré de Nothomb qui parvient à mêler comme personne barbarie et esthétisme. Des phrases parfois lapidaires qui peuvent nous laisser sur notre faim et qui forcent l'imagination... Des formules d'une poésie sans nom que l'on prend plaisir à lire et à relire.
Un récit singulier qui parle de violence, de plaisir, d'amour et d'esthétisme. C'est un livre qui évoque notre part la plus obscure et qui ne peut pas laisser indifférent.

Elle s’adonne au trash burlesque, au gore d’opérette. Les assassinats se succèdent, les cervelles explosent, implosent. Ca gicle et ça dégouline. Mais sous cette apparente mascarade morbide, il y a le vide de nos existences sous le regard glacé, lucide et sombre d’Amélie Nothomb. On pense à Selby Jr dans le traitement de l’obsession et du rapport au meurtre et au corps. On se souvient de ‘L’Hygiène de l’assassin’, de ‘Peplum’ pour les dialogues ciselés. Rarement les mots tombent aussi à pic, tout droit chus de l’imaginaire vorace et pétulant de son auteur. Amélie joue, évoque Rousseau, Aristote et… Radiohead. On rit, parfois amèrement mais on rit.

“Ce qui rend un texte sacré, c’est d’avoir été lu par le monde entier, comme la Bible, soit, au contraire, d’avoir été soigneusement dérobé à la lecture de quiconque. Il ne suffit pas à l’écrit de ne pas avoir été lu, ou trop de manuscrits mériteraient le nom de sacrés. Ce qui compte, c’est la profondeur du besoin
qu’on a de cacher le texte”


‘Journal d’hirondelle’ a cela de sacré que la sagace Amélie nous fait croire - le temps d’une lecture - que nous entrons, à la dérobée, en terre inconnue.

Un livre juste génial, que tous les amateurs de Nothomb se doivent de lire, quant aux autres, c'est une passerelle idéale pour l'aborder, puisque très vif et vraiment passionnant ! Une action certes moins palpitante que chez Stephen King, mais une analyse psychologique et intellectuelle parfaite et addictive, un livre vraiment passionnant et bien écrit !

J’aime lire Amélie Nothomb (vous l(aurez compris). Sa façon d’écrire, son intelligence, son humour, son érudition, j’adore ça. Même si l’histoire finit par s’essouffler aux 2/3 du livre, elle réussit à garder notre intérêt malgré tout. Le mystère qui demeure à la fin du livre frustre un peu, mais d’un autre côté on comprend que l’énigme non résolue est accessoire car ce sont les sentiments du tueur qui mènent le récit et le reste importe moins.
Pour les fans de Nothomb, il est bien évidemment à lire, puisqu'extraordinaire... Pour les amoureux d'action, vous pourrez vous en passer, mais ça reste un bon livre pour aborder Nothomb et son esprit parfois tordu... Un livre original, qui traite de la psychologie du tueur en série, tout en montrant l'humanité de celui-ci... Bien vu !

Publié dans Culture & cie

Commenter cet article

Mélissa 23/04/2012 07:26


Je ne suis pas particulièrement fan d'Amélie Nothomb mais ta façon de parler de ce livre m'a donné envie de le lire...quoiqu'il arrive ce ne sera pas pour tout de suite, j'ai malheureusement peu
de temps pour lire ces temps-ci!


Bisous.

Melle Bulle 25/04/2012 14:26



C'est un livre qui se lit très, très vite (comme tous les Nothomb), donc, au pire, tu ne perdras pas beaucoup de temps ! Merci de ton passage ! A bientôt !



Walpurgis 09/10/2009 10:36


C'est le premier roman de Nothomb que j'ai lu ! Et j'ai vraiment adoré ce livre, une si belle histoire !


Melle Bulle 09/10/2009 14:15


Oui, tout à fait ! Merci de tes nombreux commentaires sur ce blog !


Opti-mix-tic54 08/10/2009 17:40


Umh qu'il est bon de lire, relire et re...relire les oeuvres nothombiennes!!!!
Personnellement je ne me lasse jamais lorsque je m'offre des instants de relectures nothombiennes!!!!
C'est à chaque un réel régal!!!!


Melle Bulle 08/10/2009 17:44


Moi non plus !