Robert des noms propres, Amélie NOTHOMB

Publié le par Melle Bulle

 


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Le Robert des noms propres, ou la réponse du berger à la bergère : alors que la chanteuse RoBERT  (en écoute ci-dessus) dédie une chanson à son ex-amie Amélie NOTHOMB, l'auteure belge lui dédie un livre presque biographique...

"Vivre (...) avait donné à Plectrude le courage de devenir chanteuse, sous un pseudonyme qui était un nom de dictionnaire et qui convenait ainsi à la dimension encyclopédique des souffrances qu'elle avait connues: Robert."

Plectrude est née en prison après que sa mère ait tué son père. Peu après, sa mère se suicide et Plectrude se retrouve orpheline. Elle est alors adoptée par sa tante et son oncle, qui ont déjà deux filles. De là commence l'histoire peu banale de Plectrude, basée sur l'excès; excès de privation, d'effort, de souffrance, d'amour....

"Pourtant, il devait y avoir une région, dans ses ténèbres intérieures, qui s'était imprégnée de ce climat de meurtre et de sang, car ce qu'elle éprouvait en contemplant la cicatrice du garçon était profond comme un mal ancestral."


 A  voix basse (eh oui, je le lisais dans un train)  j'ai souvent commenté la lecture de ce roman d'un «c'est beau!» des plus exaltés. Le meilleur, ce sont ces phrases, minuscules, criantes de vérité, odes à ce que la vie, au sein de sa cruauté la plus triviale (elle en paraîtrait nécessaire) nous offre de beauté et de joie. J'ai toujours était frappée par la féminité des écrits d'Amélie Nothomb. La fin de ce récit est parfaite, à l'image de cette luminosité, de cet optimisme triomphant et concis. Avec le Robert, ce qui frappe, c'est le paroxysme du cynisme, comme un état de grâce, par delà le caractère glacial d'une lucidité joyeuse et conquérante.

Le style de l'auteure belge, son imagination me fascinent. J'ai visionné un jour une interview d'elle, et j'ai trouvé son apparence physique complètement en harmonie avec sa façon d'écrire. Elle est tout simplement époustouflante d'originalité. Quant à son roman Robert des noms propres, je l'ai beaucoup aimé et la fin m'a surprise positivement. En effet, dans aucun autre roman je n'ai vu apparaître et ensuite disparaître l'auteur.

"
Il est régulier que les plus grands malheurs prennent d'abors le visage de l'amitié: Plectrude rencontra Amélie Nothomb et vit en elle l'amie, la soeur dont elle avait tant besoin"

Ce roman m'a tout de suite happée! Je tournais les pages sans m'en rendre compte! D'ailleurs je l'ai lu deux fois d'affilée ! L'histoire est un peu bizarre, je vous l'accorde, mais n'est-ce pas là un des charmes des romans de Nothomb? Car qu'est-ce qui mènera Plectrude à tuer son auteure? Je vous laisse le plaisir de le découvrir dans les 170 pages de ce trop court roman.
C'est très original de la part de Nothomb, mais nous n'en attendions pas moins d'elle... c'est à la hauteur de ce qu'elle nous a toujours proposé et cela frôle le talent de Ionesco.

"Le reste de la classe l'entendait proférer des monstruosités géographiques ("le Nil prend sa source dans la mer Méditerranée et ne se jette nulle part"), géométriques ("l'angle droit bout à 90 °"), orthographiques (" le participe passé s'accorde avec les femmes sauf quand il y a un homme dans le groupe"), historiques (Louis XVI devint protestant quand il épousa Edith de Nantes") et biologiques ("le chat a les yeux nubiles et les griffes nyctalopes") avec admiration."

Tout est dans l'ambiguite du personnage de Plectrude, la victime et l'assassin d'Amélie Nothomb. Il faut dire que dans les premières pages du livre, Amélie n'hésite pas à mettre de l'action. Deux morts, une naissance en dix pages, on se demande si la fiction dépasse la réalité du livre. Âmes sensibles, accrochez-vous, et laissez-vous emporter dans ce monde nothombien, qui est si magique, et cruel. Lisez-le.





Publié dans Culture & cie

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Biblio 27/09/2009 10:02


Par contre je suis pas d'accord avec toi, j'ai trouvé que ce livre commençait super bien mais qu'il était complètement bâclé, la fin étant (pour moi)ridicule.


Melle Bulle 27/09/2009 14:00


Ah, les goûts et les couleurs... as-tu lu le voyage d'hiver? Si oui, qu'en as-tu pensé ?