Chenonceau, Le Château des Dames

Publié le par Bulles à la Gomme

25 Février 2009, visite de Chenonceau


Sur un coup de tête, nous avons décidé mercredi de visiter l'un des châteaux de la Loire (après Chambord il y a quelques mois): Chenonceau. Egalement appelé le Château des Dames, Chenonceau est la demeure royale qui a le plus hébergé de reines.



Nous arrivons devant le château par un grand parc. Il a été construit au XVIes par Thomas BOHIER. Devant le château se dresse la Tour des Marques, bâtie dans un style renaissance. Elle sert à la vente de cartes postales ou de souvenirs.




L' Avant-Cour et la Tour des Marques

L'avant-cour reproduit le plan de l'ancien château médiéval délimité par les douves.




A côté de la Tour des Marques, subsite aussi le puits, orné d'une chimère et d'un aigle, emblèmes de la famille des Marques (pour laquelle a été construit le château).




En s'avançant vers le château, construit sur les piles de l'ancien moulin fortifié, on découvre la porte d'entrée monumentale. D'époque François Ier, en bois sculpté et peint, elle porte: à gauche les armes de Thomas BOHIER, à droite celles de son épouse Katherine BRICONNET - les constructeurs de Chenonceau - surmontées de la salamandre de François Ier et de l'inscription "François, par la grâce de Dieu, Roi de France et Claude, Reine des Français".



La Salle des Gardes

Dans cette pièce, à l'origine, se tenaient les hommes d'armes chargés de la protection royale.



Les armes de Thomas BOHIER ornent la cheminée du XVIème siècle.

On retrouve sur la porte en chêne du XVIème siècle, sous les figures de leurs saints patrons (Sainte Catherine et Saint Thomas), la devise de Thomas BOHIER et Katherine BRICONNET les bâtisseurs de Chenonceau: "S'il vient à point, me sowiedra", c'est-à-dire "si je parviens à construire Chenonceau, on se souviendra de moi".



Aux murs, une suite de tapisserie des flandres du XVIème siècle représente des scènes de la vie de château, une demande en mariage, une scène de chasse.

Les coffres sont gothiques et renaissance. Au XVIème siècle, ils contenaient l'argenterie, la vaisselle et les tapisseries avec lesquelles la Cour se déplaçait d'une demeure à l'autre.



Le plafond, à solives apparentes, porte les 2 "C" entrelacés de Catherine de Médicis.

Au sol subsistent des vestiges d'une majolique du XVIème siècle.

La Chapelle




De la Salle des Gardes, on pénètre dans la Chapelle par une porte surmontée d'une statue de la Vierge.

Les vantaux de cette porte en chêne représentent le Christ et Saint Thomas et reprennent les paroles de l'Evangile selon Saint Jean "Avance ton doigt ici" "Tu es mon Seigneur et mon Dieu".


Les vitraux modernes - 1954 - sont du maître-verrier Max INGRAND, les originaux yant été détruits par un bombardement en 1944.


Dans la loggia à droite, une Vierge à l'Enfant en marbre de carrare de Mino de FIESOLE se trouve là.




Dominant la nef, la Tribune Royale d'où les reines assistaient à la messe porte la date de 1521.


A droite de l'autel, une crédence ouvragée est ornée de la devise des BOHIER.


On peut encore lire sur les murs des inscriptions laissées par les gardes écossais de la Reine Marie Stuart:


A droite, en entrant datée de 1543 "La colère de l'Homme n'accomplit pas la Justice de Dieu" et de 1546 "Ne soyez pas vaincus par le Mal".




Aux murs, des peintures à sujets religieux: "La Vierge au voile bleu" par IL SASSOFERRATO, "Jésus prêchant devant Ferdinand et Isabelle" par Alonso CANO, "Saint Antoine de Padoue" par MURILLO, et "Assomption" par JOUVENET.


La chapelle a été sauvegardée durant la Révolution Française grâce à l'idée de la propriétaire de l'époque Madame DUPIN d'en faire une réserve à bois.


La Chambre de Diane de Poitiers



Cette pièce fut la chambre de la favorite du Roi Henri II, Diane de Poitiers, à laquelle il avait fait don de Chenonceau.

En 1559, à la mort d'Henri II, tué en combat singulier lors d'un tournoi par le Capitaine de ses gardes écossais Gabriel Montgomery, sa veuve Catherine de Médicis, se fit restituer Chenonceau  par Diane et lui donna en échange Chaumont-Sur-Loire.



La Cheminée de Jean GOUJON, sculpteur français de l'Ecole de Fontainebleau, porte (ainsi que le plafond à caissons) les initiales d'Henri II et Catherine de Médicis: H et C qui entrelacées pouvaient former le D de Diane de Poitiers...

Le lit à baldaquin est du début du XVIIème siècle et les fauteuils Henri II sont recouverts de cuir de Cordoue. Sur la magnifique table Renaissance en marqueterie, à côté du lit, un très beau bronze du XIXème siècle de la "Diane d'Anet" évoque le souvenir de la favorite royale.

On a également pu remarquer sur la cheminée un portrait du XIXème siècle de Catherine de Médicis par SAUVAGE.



Deux tapisseries des Flandres du XVIème siècle, aux dimensions considérables, représentent : "Le triomphe de la Force", montée sur un char tiré par deux lions, et environnée de scènes de l'Ancien Testament. Dans la bordure supérieure, la phrase latine se traduit par "celui qui aime de tout son coeur les dons célestes, ne recule pas devant les actes que la Piété lui dicte". Elle représente également "Le triomphe de la Charité", figurée sur un char, tenant dans sa main un coeur et montrant le soleil, entourée d'épisodes bibliques. La devise latine se traduit ici par : "Celui qui montre un coeur fort dans les périls, reçoit à sa mort, comme récompense, le Salut".

A gauche de la fenêtre, une "Vierge à l'Enfant" de MURILLO se tient là.



A droite de la cheminée, une toile de l'Ecole italienne du XVIIème siècle : "Le Christ dépouillé de ses vêtements", par RIBALTA le maître de RIBERA.

Sous cette toile, une bibliothèque renferme les archives de Chenonceau dont un exemplaire, exposé dans la vitrine, permet de reconnaître les signatures de Thomas BOHIER et Diane de Poitiers.

Vestibule du Second Etage


Ce vestibule a gardé intacte les restaurations effectuées au XIXème siècle par l'architecte ROGUET, disciple de Viollet le DUC.

On a été étonné par la Tapisserie de Neuilly du XIXème siècle symbolisant le Cher, sur laquelle figure une gondole vénitienne qui fut réellement transportée à Chenonceau avec son gondolier par Madame PELOUZE, la propriétaire de l'époque.

A droite de la tapisserie "Le Château de Chenonceau" par Pierre Justin OUVRIE.

Les deux crédences ainsi que le pavage du sol sont Renaissance.



La Chambre de Louise de Lorraine



Après l'assassinat de son époux le Roi Henri III par le moine Jacques Clément, le 1er août 1589, Louise de Lorraine se retire à Chenonceau dans le recueillement et la prière.

Environnée de religieuses qui vivent au château comme dans un couvent, et toujours vêtue de blanc selon l'étiquette royale du deuil, elle sera surnommée "la Reine Blanche".

Autour du plafond d'origine, sa chambre a pu pêtre reconstituée. Elle s'orne d'attributs de deuil de larmes d'argent, cordelières des veuves, couronnes d'épines et de la lettre grecque lambda initiale de Louise, entrelaçée au H de Henri III.

L'atmosphère à la fois pieuse et funèbre de cette pièce est soulignée par le Christ à la couronne d'épines et la scène religieuse - peinture sur le bois du XVIème s. - qui orne la cheminée.

Le mobilier est du XVIème siècle.

Les Jardins

En sortant du château, on découvre les deux jardins qui l'encadrent.

A droite, le jardin de Diane de Poitiers dont l'entrée est commandée par la maison du Régisseur: la Chancellerie, construite au XVIème siècle. En son centre se trouve un jet d'eau décrit par Jacques ANDROUET du CERCEAU dans son livre "Les plus excellents bâtiments de France" (1576).



Ce jardin est protégé des crues du Cher par des terrasses surélevées depuis lesquelles on a de beaux points de vue sur les parterres de fleurs et sur le château.

A gauche, le jardin de Catherine de Médicies plus intime, avec un bassin central et depuis lequel on découvre la façade Ouest.



La décoration florale des Jardins renouvelée au printemps et en été, nécessite la mise en place de 130 000 plants de fleurs cultivés sur le Domaine.

Bordant la Cour d'Honneur, le Bâtiment des Dômes, du XVIème siècle, abritait autrefois les Ecuries Royales et l'élevage de vers à soie introduit en France par Catherine de Médicis.

En outre, la ferme du XVIèmme siècle et le parc de 70 hectares sont également accessibles aux visiteurs.

Le Labyrinthe



Jouxtant la grande allée de platanes, au centre de la charmille et faisant face aux caryatides, a été aménagé un labyrinthe planté de 2 000 ifs dans l'esprit de l'époque de Catherine de Médicis d'après un plan italien de 1720.




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